mercredi 29 octobre 2008

Civilisation perdue : extrait

Voici l'incipit de mon roman. A partir de cet extrait et d'un ou deux autres qui viendront par la suite, les lecteurs pourront juger eux-mêmes si le roman a une valeur quelconque. Si on l'aime mais qu'on n'a pas le moyen de l'acheter en version papier, on peut le télécharger pour moins de quatre euros ; si on le veut en livre, on peut l'obtenir pour 14,99 euros en le commandant simplement sur Lulu.com (paiement sécurisé) (suivre la rubrique : acheter/rechercher : Reine Bale; produit : livre).

"Chapitre 1 : L'étoile du Singe
Bientôt, il sera temps de mourir. Si je ne me fais pas à cette idée, je devrai alors rejoindre les hommes là-bas qui tentent de survivre comme les chiens dont les meutes grossissent à l'abord de nos villes. Oui, survivre et gagner un sursis ou rester ici seul à lutter contre les éléments, je ne sais pas. Jusqu'à sa façon de mourir, il faut choisir. Jusqu'au bout et sans relâche, on doit protéger une vie qui nous torture.
Y'aura-t-il une distribution de prix pour ceux qui ont supporté sans se plaindre les longs cortèges glacés de leurs angoisses ? Moi, quand je gémis, personne ne m'entend : les vents contraires de la vie m'ont déposé sur cette île et effacé toute trace de ma présence parmi les hommes. Une jungle sauvage m'entoure, affolée par les tempêtes que les dérèglements climatiques ont débridées. Ici, je pourrais tout aussi bien attendre qu'une vague géante m'engloutisse ; d'un coup de vent ou d'un coup de vague, ce serait encore une mort naturelle. Peut-être est-ce plus souhaitable que les barbares du continent civilisé qui dévorent les reliques d'une société à l'agonie. A certains égards, la peur qu'ils m'inspirent me semble un moindre mal à côté de la solitude que j'endure depuis des semaines, depuis des mois. C'est drôle comme on ne perd jamais tout à fait l'espoir d'exister pour autrui même à des milliers de kilomètres de son point d'origine. La sagesse serait de se faire oublier, d'oublier l'importance dérisoire de sa propre vie. Mais ça ne vient pas, ça ne veut pas venir(...) Quelque chose, peut-être ce satané instinct de survie qui sait prendre toutes les formes m'indique clairement que la tâche n'est pas achevée. Encore des comptes à régler avec les hommes et aussi la trace que je leur laisserai.
Cette trace, c'est mon histoire ; après je ne pourrai plus décider de rien.
Je m'appelle Raphaël Soros. Je suis né en 1980, période qui ne connaissait pas encore l'entier désespoir qui est le nôtre maintenant, nous autres hommes vivant en 2017. "

13 commentaires:

Anonyme a dit…

Avec un début pareil, c'est un peu bête de renoncer aux maisons d'édition. C'est puissant. Je lirai volontiers le reste.

Les lettres de Reine a dit…

Cher anonyme,(décidément, encore anonyme !)
Je n'ai pas dit que je renonçais aux maisons d'édition, mais on peut diversifier l'offre : n'est-ce pas ce que les nouvelles technologies nous permettent ? Ca augmente le potentiel, ça ne le réduit pas. J'essaie d'être réactive. Quant aux maisons d'édition, on ne peut passer son temps à les attendre même si elles sont très occupées.

Sébastien a dit…

Bonjour Reine,

j'ai crains qu'avec ce "mot de la fin" tu ne reviennes pas par ici.

Je dois dire que je t'ai découvert par hasard, que j'ai lu tout ton blog, ainsi que tes nouvelles... et que tu m'intrigues beaucoup. Hélas je ne suis pas éditeur !
Je pourrais te dire beaucoup de platitudes concernant ta difficulté à te rendre visible mais je veux ne retenir que celle là : Le temps. Ce n'est pas un obstacle mais un allié, il faut jouer avec lui et ne pas se heurter sans cesse contre lui. Quelque chose t'empêche à accéder à un peu de lumière, mets-y ton énergie et si cette énergie parle aux autres alors le temps fera le reste. C'est plat comme propos mais en même temps je suis convaincu que tout notre système consumériste lutte pour nous le faire oublier sans cesse.

Tu as une belle plume, de la hargne à la manier... ne doute pas de tout cela mais au contraire mets cela un peu à distance de toi !

Dés que j'aurais quelques subsides (eh oui c'est un peu la crise dans les maisons) je te prendrais ce roman... et qui sait j'en ferais peut-être un billet (bon mais je ne suis pas non plus important, je ne fais pas partie des influenceurs non plus !).

Je reviendrai souvent par ici.
A bientôt !

Les lettres de Reine a dit…

Cher Sébastien,
Pourquoi vous faire connaître seulement maintenant? C'est tellement dommage tous ces lecteurs, ces écrivains ou tout simplement ces amoureux de la littérature qui ne se connectent pas suffisamment entre eux. Nous avons une belle technologie de communication mais on en n'utilise qu'un dixième du potentiel ; à mon tour, je prendrai le temps bientôt de faire ce que je peux pour faire connaître des explorations littéraires remarquables mais pas assez remarquées.
Je tombe d'accord avec vous sur la question du temps ; simplement, il y a deux manières d'employer ce temps : l'une stérile faite d'attente vaine, d'espoir sans objet et l'autre, en explorant (quitte à faire des erreurs) tous les possibles.Pour terminer, vos propos ne sont pas plats du tout et ils me parlent parfaitement. Longtemps, j'ai cru qu'il fallait être discrète pour écrire ; sans être tapageuse, je dois apprendre à m'exposer maintenant.
Votre message m'y aide. Merci

cassiope a dit…

J'ai beaucoup de mal à lire des fictions sur internet donc je ne te dis pas ce que j'en pense, je n'ai tout simplement pas lu. En tout cas, je te souhaite bon courage pour l'auto-édition, je suis un peu dans la même situation, là j'en suis à l'ultime correction avant un dernier envoi à des éditeurs. Et puis après, si ça ne marche pas et qu'il me reste encore quelques forces, je tenterai peut-être aussi l'auto-édition. Je te souhaite beucoup de réussite

Sébastien a dit…

@Reine
J'aime prendre le temps.
Parcourir vite fait le contenu d'un blog ne fait pas honneur je trouve au temps passé par son auteur. Aussi avant de prendre la parole, j'observe et je lis.
L'utilisation du dixième de notre technologie de communication, c'est à cause l'effet zapping : la profusion est là alors on zappe, et notre esprit ne conserve que des images imparfaites de ce qu'il a vu ou lu. Mais peut-on se contenter de simples rémanences ? Avoir une avancée technologique, c'est bien, mais si c'est pour rester dans la caverne platonicienne, à quoi bon... L'échange peut-il avoir lieu entre des ombres ?

Et puis vous m'avez impressionné, votre entrée sur la blogosphère était plutôt vive (disons animée d'une grande énergie) et j'ai préféré rester sur ma réserve pour mieux comprendre ce qui vous agitait.
Oui on s'est compris sur la notion de temps, quand je disais jouer avec le temps ce n'était pas attendre une quelconque providence, simplement d'avoir un autre rapport au temps et à la patience. Explorer les possibles, travailler chaque jour, être artisan de son œuvre et ne pas se décourager sont en effet des moyens de jouer avec le temps, d'en faire son allier. Je dis ça, mais c'est aussi pour me convaincre, car mon écriture est souvent menacée par mon impatience à la voir avancer.

Merci à vous de m'avoir répondu.

Manuel Montero a dit…

Alors, le blog reste ? Parce que je l'avais mis dans les liens du mien. Vous avez fait disparaître, je crois, L'âge de déraison de m@nuscrits, c'est un peu dommage, à mon avis.

La contempo-reine a dit…

Cassiope, Sébastien, Pommeliane : j'irai voir vos sites bientôt et n'hésiterai pas à faire savoir ce qui m'y plait. Reine (et merci)

Steph a dit…

Je n'ai lu que le premier paragraphe, et je me dis : non.

En détail :

La phrase : "Jusqu'à sa façon de mourir, il faut choisir." m'a arrêté, bloqué net. Je ne pardonne pas.

Qu'est-ce qu'elle veut dire cette phrase ? rien. Elle parle, elle blablate, son vide se réfugie derrière une forme inversée, coquille creuse (enfin, intérieur banal quoi).

Alors, je ne veux pas être méchant, mais c'est pas encore ça.

La contempo-reine a dit…

Steph,
Vous avez le droit d'écrire ce que vous voulez : je n'effacerai rien. Nous faisons tous cela : juger les uns, détester les autres. Déverser un peu de fiel, ça soulage : on se sent mieux après. On sent qu'on est intelligent, qu'on applique le jugement contre lequel personne ne pourra s'ériger. La sentence définitive "je ne pardonne pas" est censée me couper l'herbe sous les pieds, me trancher la tête. Il m'est arrivé de lire des tas de choses que je n'aimais pas, mais je n'ai pas été cracher à la gueule des auteurs tout le mal que je pensais d'eux, car qui sait, il y a peut-être plus intelligent que soi, que vous...Des personnes d'une grande valeur (mais peut-être les trouveriez-vous méprisables aussi en ne leur "pardonnant pas") ont trouvé ce livre très bon.
Merci quand même d'avoir perdu votre temps à rédiger ce commentaire juste pour me dire ça (excusez moi d'avoir volé ce temps alors que vous auriez pu l'employer à quelque de nettement plus plus précieux, surtout à 8h20 un dimanche matin...vous deviez être vraiment remonté, ou alors aviez-vous un pistolet sur la tempe !)
Reine.

Steph a dit…

Je suis désolé, sincèrement, que vous le preniez mal. Je ne suis pas sympa, excusez-moi.

J'aime trop la littérature, et je voulais vous aider. Manifestement, je n'ai pas encore la méthode.

Un livre moyen, pardonnable, etc. on s'en fout non ?

Il s'agit de puiser plus loin, loin de vous peut-être, l'honnêteté, la sincérité, les grands sentiments et les grandes émotions qui sont là quelque part, détachées et à rattraper. C'est ça l'enjeu de la littérature, c'est simple comme bonjour. Faire vivre !

Cette phrase je ne la pardonne pas, je me bats contre elle, parce que c'est tout le mal du siècle qui est là dedans : l'illusion des sentiments. Un mot comme mourir ne signifie-il donc plus rien ? Merde !
Ce sont des grands mots, enfin, la réalité qu'ils signifient sont forts. Mais encore faut-il arriver à les sentir, leur redonner leur souffle, leur vie. Attention quoi !

Quant à vous, ou moi, s'il vous plait, n'en parlons pas ! on ne se connait pas, je vous le garantis.

Steph a dit…

Du coup j'ai relu votre extrait, cette fois complètement.

Je me suis trompé, c'est pas mal. Je n'avais pas compris. 8h20 vous dîtes ?
Je croyais être tombé sur une n-ème complainte réflexive sur l'absurdité du monde. Mais non, c'est pas vous, c'est Raphaël Soros. Je suis con des fois vous savez.

La phrase réussit à être tendue je trouve. On a envie de savoir ce qui se cache dans les (...) car dans l'extrait on avance, en profondeur, vers ce qu'il se dit Raphaël, ce qu'il va sortir du fond de lui, et on est coupé.

Sinon, sur le fond, ça a un petit côté : attention vous allez voir ce que vous allez voir comme un pas très fin film américain à gros budget, mais après tout, si on se laisse prendre, pourquoi pas. Et puis ça dépend de la suite, mais disons que ça commence haut.

Vous avez lu "la route" de Cormac Mac Carthy (2 millions d'exemplaire vendus, ça fait rêver ?). Là aussi c'est après l'apocalypse, mais en plus sobre : c'est juste un père et son fils, sur une route, qui doivent rejoindre le sud. Un côté humain touchant (vous savez, les grands sentiments).

Milles excuses.

La contempo-reine a dit…

Pas de problème, Stéph. Je donnerai à lire encore un ou deux extraits pour que vous puissiez appréhender plus précisément la teneur de ce roman. Et peut-être n'aimerez-vous pas, mais je prends le risque volontiers.
Bien sûr, j'ai lu La route. Et j'ai trouvé que ce roman avait une véritable puissance, une puissance de simplicité. Mais mon roman se propose de faire autre chose : avant le chaos, il y a les éléments qui conduisent au chaos. Mc Carthy décrit le résultat, moi, j'ai fait une tentative pour en décrire les mécanismes pervers (d'où la documentation qui a précédé l'écriture). Mon personnage va traverser (un peu comme dans un livre d'aventures)une société où les autres n'ont pas disparu et ne sont pas devenus des cannibales, mais juste des personnes mises à mal ou profitant de la pagaille pour se faire leur place au soleil.J'essaie de tirer les conséquences le plus loin possible de ce qui se profile actuellement.
Bien à vous,
Reine.